Cet article du Chicago Tribune retrace le parcours d’un Glock calibre .40 qui a été utilisé dans plusieurs fusillades en un an.

En rentrant chez elle, la jeune femme a trouvé des traces de pas. Son appartement, situé dans le secteur de South Shore, venait d’être cambriolé. Le coffre-fort, caché sous son lit et contenant son Glock calibre .40, avait disparu.

Durant l’année suivante, ce Glock a tiré 42 balles, laissant des douilles un peu partout en ville. Entre les mains de gangs, il a servi à cinq fusillades, tuant deux personnes et en blessant cinq.

L’arme fut retrouvée en 2015, dans une boite à chaussures, lors d’un contrôle de routine chez un homme qui était libre sous caution. L’arme était chargée, le chargeur grande-capacité qui avait été rajouté contenait 21 balles. Un pointeur laser avait été installé pour plus de précision.

Le parcours de ce Glock, d’un coffre-fort jusqu’à une boite à chaussures, a eu lieu alors que le nombre d’homicides à Chicago atteignaient des records depuis 20 ans. La police de Chicago pense que la prolifération des armes joue un rôle important dans le cycle de la violence. Cela se vérifie notamment dans les quartiers pauvres au sud et à l’ouest, où il est très simple de se procurer une arme.

Alors que la police lutte, tant bien que mal, contre la surabondance des armes à feu, l’histoire de ce Glock montre les pertes, humaines et économiques, que causent chacune de ces armes.

Ce Glock est ce qui est appelé par la police, un « pistolet de gang » car les membres se le passent si besoin il y a. Les dégâts causés en un an par cette arme, bien qu’énormes, ne sont pas rares dans le sud de la ville.

« J’ai vu cinq jeunes hommes perdre la vie dans quartier » raconte Randolph Strahan depuis le jardin de sa maison située au block 2700 de la 76th Street. À quelques pas de là, son voisin, père de deux enfants, fut la première victime du fameux Glock.

Le poumon des gangs

Il reste encore 3 mois avant la fin de 2016 et Chicago a déjà atteint les 530 homicides et les 3 250 fusillades, soit plus que durant toute l’année 2015.

Les conséquences de tous ces meurtres, non élucidés pour la plupart, sont dramatiques et non mesurables. Cela a choqué les esprits des habitants de la ville et cela lui a donné une mauvaise image à l’international. Le coût financier lui non plus ne doit pas être oublié. Les taxes à Chicago servent en très grande partie à payer les frais hospitaliers de tous les blessés par balle. De plus, en deux ans, la police a recruté plus de 1000 agents, soit des charges en plus.

Rien que pour cette affaire, les coûts sont importants : plus de 50 officiers mobilisés pour toutes les fusillades, incluant les officiers de la police scientifique et ceux chargés de protéger la scène et d’interroger les témoins.

Le pourcentage de meurtres par armes à feu (parmi les tous les meurtres à Chicago) ne fait qu’augmenter d’année en année. D’après une étude de la part du Lurie Children’s Hospital, en 2015, neuf homicides sur dix furent commis avec un pistolet, soit 13% de plus que 10 ans auparavant.

Pour Philip Cook, professeur à l’université de Duke et vrai expert en criminologie, il y a deux éléments qui différencient la violence à Chicago de la violence des autres grandes villes : la taille et la puissance de ses gangs et l’accès facile aux armes à feu par le biais des états voisins. En effet, dans l’Indiana, le port d’arme est libre, dans l’Iowa, il n’y a pas besoin de permis pour porter une arme (sauf en ville) et, dans le Missouri, la vente, l’achat et le port d’arme sont libre pour TOUTE PERSONNE de 19 ans, ou plus.

Philip Cook a même reçu un prix en 2020 pour l’ensemble de ses travaux en criminologie

Ces lois sur les armes sont très laxistes et vont à l’encontre de celles présentes dans l’Illinois, qui font partie des plus strictes aux États-Unis. En effet, dans l’Illinois, pour obtenir une carte FOID (carte qui prouve que l’on est autorisé à porter une arme) il faut respecter des critères très sélectifs :

  • Avoir au moins 21 ans
  • N’avoir commis aucun crime
  • N’avoir jamais été jugé pour violence conjugale
  • N’avoir jamais été jugé pour violence ou agression
  • N’avoir jamais été en hôpital psychiatrique
  • Ne pas avoir été contrôle positif aux drogues durant l’année précédant la demande
  • Ne pas avoir été viré de l’armée
  • Ne pas être retardé mental

« Chicago est entouré d’états où les armes sont peu réglementées et cela complique fortement la lutte contre le trafic d’armes que mène la police, » dit Cook, qui a étudié le problème durant de nombreuses années. « Si l’on ajoute à cela une violence alimentée par des gangs puissants, on obtient un cocktail mortel, littéralement. »

Les armes arrivent à Chicago par plusieurs moyens différents : Le premier est ce que la police appelle des « straw purchases ». C’est simple, les personnes qui ont une carte FOID et qui veulent gagner un peu d’argent revendent illégalement des armes, qu’ils ont acheté légalement, à des personnes non-éligibles au port d’arme. L’autre option se trouve à quelques kilomètres, de l’autre côté de la frontière, dans l’Indiana, où on ne vérifie pas le passé des personnes voulant acheter des armes.

Une étude menée en 2015 par l’University of Chicago Crime Lab a montré que 60% des pistolets saisis chez des membres de gangs ne venaient pas de l’Illinois, de plus, la moitié de ceux-ci venaient de l’Indiana. Dans la prison de Cook County, certains prisonniers ont même affirmé que dans certains gangs, des membres étaient désignés pour faire des allers-retours et ramener le plus d’armes possibles. Un d’eux a même ajouté « Il suffit qu’un des gars ait une carte FOID pour que tout le quartier ait une arme ».

Un exemple de carte FOID
Carte des états limitrophes de l’Illinois

Pour ce qui est du Glock, il a été volé le 17 Janvier 2014, dans un appartement du block 1900 de la 79th Street, quatre mois après que son propriétaire l’ai acheté sur le parking d’un magasin Cabela. Il fut retrouvé presque un an après, à deux blocs de là où il avait été volé.

La police de Chicago a ensuite procédé à plusieurs tests balistiques et, d’après Anthony Riccio, chef de la brigade anti-criminalité, cela a permis d’associer le pistolet à 42 douilles retrouvées lors de cinq fusillades différentes.

Anthony Riccio

Des experts estiment que cette arme était sûrement une denrée rare dans la rue car elle est de bien meilleure qualité que la plupart des 7 000 armes saisies en 2014 à Chicago.

D’après les documents de la police, il est très probable que les membres du gang se soient prêté et passé le pistolet et, comme l’explique Riccio, les armes sont l’essence même des gangs, des objets précieux que l’on cache jusqu’à ce qu’on en ait besoin ou qu’un autre membre se décide à aller tirer. Souvent, les armes sont « cachées sous des porches, dans des maisons ou dans des caches situées dans des voitures ». « Avant une fusillade, ils se mettent d’accord pour savoir qui appuiera sur la détente cette fois-ci ».

Les fusillades liées au Glock sont un exemple parfait de l’épidémie de violence qu’il y a actuellement mais, aussi, du dilemme auquel est confronté la police. En effet, trois des cinq victimes sont aujourd’hui en prison pour des affaires différentes. La plupart des victimes appartenaient au même gang et, à chaque fois, elles n’ont donné que peu, voire pas, d’informations à la police. Pour preuve, aucune des cinq affaires n’a été résolue.

« C’est pourquoi je porte ce pétard »

La traînée de violence a commencé sur le porch, dans le block 2700 de la 76th Street, trois mois après et à environ un kilomètre et demi du lieu du vol.

Depuis les marches du porch, et en levant un peu la tête, on peut même apercevoir le lac Michigan. De plus, on est à quelques pâtés de maison de Rainbow Beach. Si cette maison était située au nord de la ville, cela serait un bien immobilier très recherché, malheureusement pour les habitants du quartier, la violence est trop présente, quasi quotidienne.

Strahan, électricien à la retraite de 68 ans, assure que la violence était incessante quelques années auparavant, à l’époque où un gang avait le contrôle de la supérette du bas de la rue. Deux meurtres ont eu lieu en face de chez lui, alors que trois autres ont eu lieu en en bas de la rue, vers la supérette.

« C’est comme ça depuis que mon fils est né, il y a 36 ans. Avec le temps, la situation empire. Mon fils a quitté l’Illinois. Je suis tellement content qu’il soit parti. » a t-il même avoué.

Un soir d’été, alors que l’on entendait chanter les cigales, il marchait dans son jardin pour montrer les impacts de balles dans sa maison et dans la maison du voisin. Strahan ne se laissait pas abattre et il continuait d’entretenir les fleurs devant sa maison, ainsi que ses tomates, ses haricots, son maïs et ses concombres.

Pour lui, cette violence découle des gangs qui se battent pour le contrôle du trafic de drogue.

Randolph Strahan

La cause du meurtre de Shannon Mack, père de deux enfants, qui a eu lieu deux maisons plus bas est toujours incertaine. Mais, durant l’autopsie, les médecins légistes ont trouvé, dans sa bouche, cinq pochons plastiques contenant de la poudre blanche.

Strahan dit que, plus tôt dans la soirée, il y avait un groupe de jeunes qui s’était regroupé sur le porche du voisin. Pourtant, il affirme aussi qu’à 21h30, Mack était seul sur le porche quand un homme est arrivé et a ouvert le feu. Les pompiers ont trouvé Mack inconscient, le corps avachis sur la rambarde. Il avait été touché à quatre reprises et a été déclaré mort sur la scène du crime. Les quatre douilles furent retrouvées.

À 34 ans, Mack est la plus âgée des sept victimes qu’à fait le Glock. Il avait été jugé en 2003 pour possession de produits stupéfiants puis, condamné à deux ans de prison en 2011 car il avait un pistolet calibre .380 sur lui. Lors de l’arrestation, il avait expliqué que son ami venait de se faire tirer dessus et qu’il voulait simplement se protéger. « Les renois dehors sont fous. C’est pourquoi je porte ce pétard » avait-il même dit à la juge.

Tanya Grant, son ex-femme et mère de ses enfants, n’a dit que du bien de lui, que c’était un homme intelligent et qui appréciait écrire des poèmes et des textes de rap. Mais elle se demande si, comme beaucoup de personnes qui grandissent dans les quartiers sensibles de Chicago, il avait les ressources pour rester loin de toutes les mauvaises influences. Dans la rue, certains sont parfois contraints de « jouer les durs » pour survivre.

Tanya ne sait pas pourquoi Mack a été tué. « C’est une douleur horrible pour notre communauté. Les personnes qui n’ont jamais vécu cette situation ne peuvent pas comprendre ce que l’on ressent… Même si tu essayes de passer à autre chose et de guérir, tu ne peux pas ».

Shannon Mack

« Peu importe ce que Dieu te donne »

La violence est devenue fréquente autour de la 66th et de State Street. Malgré ça, Ammar Awadh, le gérant d’une station service assure qu’il ne se rappelle pas de la fusillade du fameux Glock.

D’après les rapports de la police, le 25 Août 2014 vers 00h45, une voiture sombre s’est arrêtée à côté d’un autre véhicule au feu rouge. C’est alors qu’un homme dans la voiture sombre ouvre le feu sur la voiture d’à côté. Deux hommes d’une vingtaine d’année sont touchés, un au niveau de l’aine et l’autre à la cuisse. Les assaillants ont ensuite pris la fuite vers le nord alors que les victimes ont conduit jusqu’à l’hôpital le plus proche. Les deux hommes ont survécu.

Une douzaine de douilles furent retrouvées sur place, aux alentours de la station essence.

Un mois auparavant, le caissier de la station essence avait été tué par une balle perdue lors d’une fusillade (non liée au Glock).

Gérer un business dans la zone a un prix. Awadh a investi 10 000 dollars dans des vitres pare-balles afin de protéger les employés, 7 000 dollars pour plusieurs caméras de surveillance, ainsi que 2 600 dollars d’éclairage afin que, même le soir, il soit plus difficile de se cacher.

La station service d’Ammar Awadh

Le gérant a aussi appris à se méfier et à aiguiser sa connaissance de la rue, notamment en analysant chaque client, pour savoir si ils sont dangereux ou pas.

« Utilises ton esprit, n’utilises pas la force » répète t-il. La perte récente de son ami et collègue l’a énormément affecté. Il dit que depuis cet événement, il s’est tourné vers Dieu et il s’appuie beaucoup sur l’Islam. « Quand quelqu’un te mets une arme sur la tempe, que veux tu dire ? Peu importe ce que Dieu te donne, tu dois l’accepter« .

« Aidez moi, aidez moi »

John Williams, le quatrième (blessé) victime du Glock, insiste sur le fait qu’il ne comprend pas pourquoi on a voulu le tuer. Dans une récente interview qu’il a réalisé depuis sa cellule de la prison de Cook County (il est jugé pour vol à main armée), il a reconnu avoir un style de vie assez turbulent et trop traîner dans la rue. Il s’était déjà fait tirer dessus en Décembre 2013, mais il nie toute affiliation à un gang.

John Williams en Septembre 2016

Après être passé chez un de ses amis, Williams était sur le chemin du retour quand, d’un coup, une voiture a déboulé derrière sa Pontiac. C’est alors une pluie de balles qui s’abat sur la voiture de Williams. C’était dans le block 2700 de la 81st Street. Alors que des éclats de verre volaient, il a senti une vive douleur au niveau du cou. Le jeune homme de 22 ans a conduit quelques centaines de mètres avant de quitter son véhicule et de fuir.

« Je me fiche de savoir qui l’a fait. Je veux juste savoir pourquoi. Pourquoi quelqu’un me tirerait dessus ? » a demandé Williams. « Je ne me rappelle pas avoir fait quelque chose qui donne envie à quelqu’un de me tuer.

Au total, la police a retrouvé 38 douilles sur place, 13 d’entre elles provenaient du Glock. Deux autres armes ont été utilisées lors de la fusillade.

Une femme qui habitait à côté a volé au secours de Williams en lui donnant une serviette pour essayer de stopper l’hémorragie. Cette femme a préféré témoigner anonymement, de peur des représailles. « Il répétait ‘Aidez moi, aidez moi« , a elle confié. « Il pleurait. Il ne faisait que dire qu’il venait de se faire tirer dessus »

Au Northwestern Memorial Hospital, les chirurgiens ont retiré la balle qui s’était logée entre les deux os de son bras, lui laissant une importante cicatrice sur tout l’avant-bras.La balle qui était à l’arrière de son cou n’a pas pu être retirée sur le moment car elle était trop profonde et trop proche de la colonne. Les docteurs ont attendu un mois, le temps que les muscles et les tissus poussent la balle vers l’extérieur, pour l’enlever.

Quand il est sorti de l’hôpital, Williams avait les deux bras en écharpe et, il a dû, durant des mois, compter sur sa copine pour effectuer les taches du quotidien. Aujourd’hui, il a toujours du mal à porter des objets lourds. Deux de ses doigts sont aussi légèrement pliés, témoins des dégâts que la balle a faite au niveau nerveux. De plus, il a été suivi mentalement car il n’arrivait pas à oublier la fusillade.

Les frais médicaux peuvent être très élevés pour les victimes et, souvent, ce sont les contribuables qui payent l’addition. Kimberly Joseph, superviseure au Stroger Hospital (un des hôpital de Chicago et un des les plus fréquenté des États-Unis) a estimé que chaque fusillade coûtait entre 30 et 50 000 dollars. Mais pour elle, les plus gros dégâts ne peuvent pas être quantifiés : « Les blessures émotionnelles, les difficultés financières de nos patients, les problèmes sociaux… cela ne se mesure pas ».

Dans le cas de Williams, son assurance a couvert une partie des frais, mais, il a tout de même du sortir plusieurs milliers de dollars de sa poche. De plus, il a du payer 2 500 dollars pour réparer sa voiture.

Une tombe pour son fils

Le 10 Novembre, deux semaines après la fusillade qui a failli coûter la vie à John Williams, la cinquième victime du Glock était en train de faire demi-tour, aux alentours du musée de la science et de l’industrie de Chicago. Soudainement, une des vitres de sa voiture a éclaté et l’homme de 23 ans a ressenti une vive douleur à l’arrière de la tête. Il a ensuite conduit seul jusqu’à l’hôpital. Heureusement pour lui, la balle ne l’a pas touché directement et il s’en est sorti qu’avec quelques écorchures.

La police a tout de même retrouvé six douilles sur place.

Drequan Archie (membre de Jaro City et plus connu sous le nom de FYB Archie), la dernière victime du Glock n’a malheureusement pas eu cette chance. Le 17 décembre, ce jeune homme de 20 ans rentrait chez lui avec son ami, Kobe de Jaro City, lorsqu’un des pneus de son Audi a crevé. Ils ont donc conduit jusqu’au garage le plus proche, au 2100 79th Street. Alors que les deux amis attendaient dans la voiture, le propriétaire du magasin a vu deux hommes cagoulés s’approcher et ouvrir le feu sur l’Audi.

Le garage où a eu lieu la fusillade

Archie et son ami sont vite sortis pour essayer de fuir. Son compère a couru le long de la 79th Street, avant de s’écrouler, touché d’une balle dans la jambe. Archie, qui était diplômé de la South Shore High School et qui poursuivait tranquillement ses études, a essayé de s’en sortir en se cachant derrière les voitures du parking. Il fut ensuite abattu de deux balles, et s’est écroulé à proximité de l’Audi. La scène fut photographiée et ces photos furent publiées sur internet, pour le plus grand malheur de Meishelle Archie, sa sœur. Au total, 7 douilles provenant de deux armes différentes furent retrouvées.

Presque deux ans après, il y a toujours un sentiment de deuil chez sa famille, qui habite dans le sud est de Chicago. Dans son ancienne chambre, ses parents ont fabriqué un petit autel, avec des bougies et des objets souvenirs. Sur les murs, des centaines de photos de Drequan, dont un selfie qu’il avait fait peu de temps avant de mourir, le visage souriant…

En temps normal la mère d’Archie, Catrina Pickens, évite de rentrer dans cette pièce mais, cet après-midi, elle s’y était recueilli avec sa fille Regina pour y partager quelques blagues et des larmes. On pouvait aussi ressentir de la colère. De la colère car la police n’avait toujours pas résolu l’affaire.

Pickens qui est infirmière à domicile, dit que c’est très dur pour elle d’aider des patients en fin de vie car cela lui rappelle la mort de son fils. De plus, elle assure ne plus vouloir parler aux gens qui ne comprennent pas pourquoi elle est toujours en deuil 2 ans après.

Catrina Pickens, avec une photo d’Archie en arrière plan

Rangé sur une étagère

Le parcours meurtrier du Glock s’est terminé le 16 Janvier 2015 au block 7700 de Ridgeland Avenue, peu après 8h du matin, quand des policiers ont effectué une visite de routine chez James Woodson (qui était en liberté sur parole). Le jeune homme de 21 ans était dans sa chambre, à l’étage. Dans cette chambre, des pochons de crack étaient rangés, ainsi qu’un pistolet 9mm semi-automatique et un chargeur grande capacité.

Au détour d’un couloir, les policiers ont senti une forte odeur de marijuana. La piste les a mené à un escalier qui descendait au sous-sol. Hosea, le petit frère de James, agé de 18 ans, était endormi dans son lit. Sur l’étagère à côté de lui, se trouvait une boite de chaussures Nike qui contenait d’autres doses de crack, 1 300 dollars, et deux pistolets : un Smith & Wesson 9 mm et le fameux Glock.

« Gros, je sais pas d’où ça sort », a dit Hosea aux policiers lors de la fouille.

Aucun des deux frères ne fut condamné pour les cinq fusillades. Hosea a plaidé coupable pour possession de crack et fut condamné à deux ans de liberté surveillée et a été placé sous bracelet.

Son grand frère, qui possédait déjà un assez gros casier judiciaire, fut condamné à 3 ans et demi de prison pour possession et utilisation d’une arme illégale.

James Woodson

Pour l’instant, le Glock est stocké à Homan Square, un bâtiment assez secret appartenant à la police de Chicago. L’arme est sous scellés, posée sur une des nombreuse étagères métalliques du coffre fort où la CPD garde des dizaines de milliers d’armes qui ont été confisquées.

Si un suspect est arrêté pour une des cinq fusillades, alors les enquêteurs pourront demander à l’en sortir. Sinon, il restera encore là pendant de longues années.

Voici une carte retraçant le parcours de l’arme :

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